Unglued : le bordel bienveillant qui a foutu le chaos (et les poulets) dans Magic

Mise à jour : 20 décembre 2025 - 5 minutes de lecture
Magic Unglued

Imagine un jeu de cartes où un poulet géant peut t’obliger à danser la macarena, où un monstre en peluche aussi large que deux feuilles A4 te regarde avec des yeux de « t’as vraiment joué ça ? », et où tu peux te faire sanctionner par un Richard Garfield en pyjama. Non, tu n’as pas chopé un mauvais trip après un tournoi Commander à 3h du mat’. Tu viens juste de pénétrer dans Unglued, le set qui, en août 1998, a décidé que Magic prenait trop ses responsabilités au sérieux.

Conçu par un Mark Rosewater déjà en pleine crise d’inspiration joyeuse, ce mini-set de 94 cartes (dont 83 au bordure argentée, donc techniquement « non légales ») n’était pas juste une parenthèse comique. C’était une déclaration d’amour déjantée à tous ceux qui aiment leur jeu avec du sel, du slapstick, et une pincée d’absurde. Entre deux blocs Urza qui transformaient les cerveaux en purée de mana, Unglued arrivait comme un pet bien placé dans une réunion du Conseil des Neuf : inattendu, irrévérencieux… et franchement nécessaire.

Quand Magic se fait la malle (et emporte les règles avec)

Si Portal Second Age simplifiait le jeu pour les débutants, Unglued le démolissait pour s’en foutre joyeusement sur la gueule. Pas de formats compétitifs ici : on tire aux dés (Spark Fiend te demande de lancer un D6 ou de te couvrir de honte), on joue à pierre-feuille-ciseaux avec Rock Lobster, Paper Tiger et Scissors Lizard. Et on peut même devoir réciter un poème ou grimper sur sa chaise pour activer certaines cartes. Oui, sérieusement.

booster MAgic Unglued

Le set introduit aussi des concepts qui semblaient délirants à l’époque mais qui ont fini par imprégner le jeu « sérieux » : les terrains full-art (devenus standard dans les éditions modernes), les illustrations qui débordent du cadre (comme sur les Planeswalkers), ou encore les cartes à double face — anticipées par B.F.M. (Big Furry Monster), un monstre si gros qu’il nécessite deux cartes pour exister. Et ce n’est pas tout : Unglued explore aussi les interactions multijoueurs avec Team Spirit ou Organ Harvest, années avant l’ère des parties Commander à six cerveaux en surchauffe.

Poulets, vaches et bureaucrates en colère : la galerie des monstres

Ah, les Chickens (poulets en VF). Ce thème secondaire, presque involontaire, est devenu l’un des emblèmes du set. Mesa Chicken, Chicken Egg, Free-Range Chicken… autant de cartes qui transforment toute créature en volatile ridicule, ou te font pondre des jetons volatiles. Il y a même un « Seigneur des Poulets », Chicken à la King, parce que oui, même l’aristocratie avicole a droit à sa place dans le Multivers.

Mais les poulets ne sont que la cerise sur le gâteau détraqué. Unglued regorge de références internes, d’in-jokes et de parodies. Look at Me, I’m the DCI caricature Richard Garfield avec un sourire narquois. Bureaucracy t’oblige à remplir un vrai formulaire papier pour gagner — et le labyrinthe dessiné dessus n’a même pas de sortie, parce que bien sûr que non. Ghazbán Ogress ? Une carte née d’une rumeur de couloir de tournoi, désormais célèbre pour sa misogynie assumée (et décriée). Le Black Lotus ? Que vaut-il face au Blacker Lotus (lotus plus noir) ? Le set est une boîte de Pandore remplie de gags, de blagues vaseuses, et d’un amour fou pour les absurdités du jeu.

Un héritage bien plus sérieux qu’il n’y paraît

Malgré son côté « fait pour rigoler », Unglued a influencé le design de Magic bien plus qu’on ne le croit. The Cheese Stands Alone a inspiré Barren Glory. Ricochet a ouvert la voie au mécanisme de Grip of Chaos. Timmy, Power Gamer est devenu le symbole d’un profil de joueur entier (le fameux « Timmy, Johnny, Spike »). Même la mécanique de forecast tirerait ses racines de Infernal Spawn of Evil, ce démon qui voulait juste qu’on lui parle gentiment.

cartes Unglued Magic

Et puis il y a l’énergie brute, le refus de la gravité ludique, qui résonne encore aujourd’hui dans les Un-sets modernes (Unhinged, Unstable, Unfinity). Unglued a prouvé qu’un jeu complexe pouvait aussi se permettre de se moquer de lui-même — sans jamais perdre son âme.

Alors oui, ce set n’est pas jouable en Standard. Il ne te servira pas à gagner un tournoi. Mais il te fera rire, il te fera réfléchir (« mais pourquoi j’ai joué Jalum Grifter en pantoufles ? »), et surtout, il te rappellera pourquoi tu as aimé Magic : parce que c’est un bordel magnifique. Et parfois, c’est exactement ce qu’il faut.

  • Sortie officielle : 11 août 1998
  • Cartes : 88 (33 communes, 22 non communes, 28 rares, 5 terrains) et 6 jetons
  • Code d’extension : UGL
  • Répartition : Blanc (13) – Bleu (14) – Noir (12) – Rouge (14) – Vert (15) – Artefacts (15)

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Par Arkan

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