Portal Second Age : le starter set Magic qui a osé les pétards et les gobelins tristes

Magic Portal Second Age

Souviens-toi de cette époque où apprendre Magic, c’était comme tenter de lire du Proust avec des lunettes de plongée : flou, dense, et franchement intimidant. En juin 1998, Wizards of the Coast balance Portal Second Age, la suite de Portal premier du nom. Une boîte de Pandore simplifiée, pensée pour les nouveaux venus mais finalement adoptée par les nostalgiques comme une relique kitsch pleine de charme.

Contrairement à son aîné, ce set ose un minimum de cohérence avec l’univers de Dominaria – précisément sur l’île de Caliman, où cinq factions colorées se tirent la gueule en silence épique. Les Alaborniens, en armure blanche immaculée, brandissent des mousquets comme s’ils sortaient d’un western spaghetti mal digéré. Oui, des flingues. En 1998. Sur Dominaria. Tu peux imaginer la gueule des vieux joueurs quand ils ont vu Alaborn Musketeer charger avec son tromblon : un mélange de stupeur et de « putain, c’est quoi ce bordel ? ». Pourtant, dans l’optique pédagogique du set, c’était une tentative – maladroite mais audacieuse – de rendre le combat plus concret pour les néophytes.

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Le lore et la mécanique

Mais là où Portal Second Age brille, c’est dans sa narration muette, celle qu’on reconstruit en triant ses cartes un verre à la main. Les Nightstalkers rôdent, la sorcière Tojira manigance, et surtout… les gobelins chantonnent leur propre épitaphe à travers une mini-série de quatre cartes qui racontent, avec la légèreté d’un conte noir de Tim Burton, comment un groupe joyeux se fait réduire à néant par les vicissitudes du multivers. Tidal Surge, Ogre Taskmaster, Wild Griffin, Tremor : chaque effet de jeu devient une strophe funèbre. C’est poignant, c’est absurde, c’est purement MTG.

Sur le plan mécanique, le set fait le ménage : exit les artefacts, les enchantements, et les instants (remplacés par des sorts à fenêtres de lancement ridiculement précises – merci Mystic Denial). Pas de jargon excessif non plus : on parle de « library » et pas de « deck », de « graveyard » et non de « pile de défausse ». Une transition douce vers la vraie sauce Magic, façon apprenti sorcier qui passe de la baguette en plastique à la foudre contrôlée.

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L’aspect collection

Côté collection, quelques pépites se cachent dans les 165 cartes noires du set. Brimstone Dragon, jamais réimprimé, vaut aujourd’hui une petite fortune. Angel of Mercy, Ravenous Rats, Wildfire ? Tous nés ici, dans ce laboratoire pédagogique qui osait aussi réinventer les types de créatures avec des « Merchant » (devenus Pirate) et des « Monkey » – parce que, soyons honnêtes, la vie est meilleure avec un singe en jeu.

Alors oui, Portal Second Age n’est pas le plus puissant, ni le plus cohérent, ni même le plus beau. Mais c’est un set qui a du cœur, du culot, et cette espèce de naïveté touchante qu’on ne retrouve plus dans les méta-dominés d’aujourd’hui. Un petit trésor pour ceux qui aiment leurs cartes avec une bonne dose de folie, une pincée d’histoire, et un fusil à silex en prime.

  • Sortie officielle : 24 juin 1998
  • Cartes : 165 dont 38 rééditions (70 communes, 45 non communes, 35 rares, 15 terrains)
  • Code d’extension : PO2
  • Répartition : Blanc (30) – Bleu (30) – Noir (30) – Rouge (30) – Vert (30)

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par Arkan

Passionné de jeux de cartes, je mélange stratégie et plaisir pour vivre des moments intenses autour d’un deck ou d’un tapis vert. 🃏 Que ce soit entre amis ou en compétition, chaque partie est une nouvelle aventure pleine de défis et de fun ! 🤝