On a tous ce pote qui ne jure que par les dragons. Vous savez, celui qui lève les yeux au ciel quand vous jouez une créature 2/2 et vous sort un « c’est mignon » avant de vous carboniser la tronche avec un Hellkite. Avril 2011, Wizards lâche Knights vs Dragons (Chevaliers Vs Dragons en VF) et soudain, ce pote, vous pouvez lui répondre. Pas avec des mots. Avec des cartes.
Il s’agit du 6e Duel Decks de la série (après Elspeth Vs Tezzeret) et le premier à sortir en français.
L’acier a la mémoire courte
Le deck Chevaliers, c’est du blanc-vert, donc de l’espoir et de la forêt, mais surtout de l’urgence. 24 créatures, toutes du même acabit, qui débarquent avant que l’adversaire ait fini de compter ses Mana. Knight Exemplar ? Un chef de guerre qui rend ses frères indestructibles. Pratique quand l’autre en face commence à chauffer ses sorts de burn. Silver Knight, protégé du rouge, est une petite pique bien sentie adressée directement au deck adverse. Une provocation élégante, presque française.

Et Loxodon Warhammer, cette masse légendaire, transforme le plus humble des fantassins en brute capable de terminer la partie en trois frappes. C’est rapide, c’est efficace, ça sent la sueur et la victoire précoce. Mais attention : si vous traînez, si vous hésitez, si vous admirez trop longtemps l’illustration de Terese Nielsen, vous êtes mort.
Le feu a la patience des volcans
En face, les Dragons ne courent pas. Ils attendent. Ils stallent avec des Cinder Wall, des Mudbutton Torchrunner qui font office de chair à canon, pendant que vous vous épuisez à percer leurs lignes. Puis, quand vous croyez avoir gagné, ils lâchent les fauves.
Bogardan Hellkite débarque tour 5, crache du feu, pille vos ressources. Punishing Fire revient comme une vieille rancune. Fiery Fall nettoie le board quand vos chevaliers deviennent trop insistants. Ce deck rouge, c’est une leçon de patience explosive. Il ne gagne pas en courant plus vite mais en vous faisant courir jusqu’à l’épuisement. Et quand enfin il frappe, c’est avec la grâce brutale d’un marteau-pilon. Skirk Prospector accélère le mana, Seething Song donne l’impulsion, et soudain, tout brûle.
Deux philosophies, une boîte
Ce qui rend ce Duel Decks si diablement jouissif, c’est qu’il ne triche pas avec l’équilibre. Il ne cherche pas à rendre les deux decks interchangeables. Il assume l’asymétrie : d’un côté la vitesse et la synergie tribale, de l’autre le contrôle et l’explosion différée.
Chris Millar et Zac Hill, les concepteurs, ont compris que l’équité n’est pas l’égalité. Parfois, gagner, c’est juste survivre assez longtemps pour voir l’autre s’effondrer sous son propre poids. Et cette tension, cette narration intégrée au gameplay, c’est ce qui transforme une simple partie en une histoire dont vous êtes le héros. Ou la victime, selon le tirage.
Pour ceux qui collectionnent les souvenirs
Au-delà des mécaniques, il y a l’objet. Deux cartes holographiques à l’art alternatif signées Wayne Reynolds. Knight of the Reliquary et Bogardan Hellkite, deux pièces qui brillent comme des trophées. Quatre autres réimpressions à l’art revisité, des deckboxes, un guide, des jetons Gobelins pour incarner ces petits diablotins sacrifiables. Pour 20$ en 2011, on repart avec un coffret qui sent la qualité, même si l’emballage reste un casse-tête digne d’un meuble IKEA monté à l’envers. Mais qu’importe. Ce qu’on achète, ce n’est pas que des cartes. C’est un morceau de 2011, une époque où ouvrir un produit Magic, c’était comme déplier une carte au trésor.

Et si on arrêtait de compter les points ?
Au fond, ce Duel Decks, c’est un prétexte. Un prétexte à rejouer ces mythes fondateurs, à incarner Saint George ou la bête, à rire entre potes autour d’une table en buvant une bière tiède. Ce n’est pas le deck le plus compétitif, loin de là. Mais c’est peut-être l’un des plus attachants, celui qu’on sort pour le plaisir, pour l’ambiance, pour ces parties où l’on rit autant qu’on calcule.
Et si vous cherchez une porte d’entrée vers la collection ou simplement un cadeau qui fait mouche auprès d’un ami nostalgique, sachez que cette boîte recèle bien plus que 120 cartes : elle contient une étincelle de cette magie qui nous a tous, à un moment ou un autre, fait croire que nous aussi, nous pouvions invoquer des dragons ou mener une croisade.
- Sortie officielle : 1 avril 2011
- Cartes : 120 dont 69 rééditions (2 decks de 60 cartes, 2 mythique rares)
- Code d’extension : DDG
- Répartition : Blanc (24) – Rouge (28) – Vert (2) – Artefacts (4) – Jeton (1)
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