1972-73 Topps Basketball : Dr. J débarque avec son afro et les Lakers font l’histoire

Mise à jour : 2 avril 2026 - 9 minutes de lecture
1972 1973 Topps basketball

L’année où le cardboard est devenu aussi spectaculaire que le jeu.

Un gamin, une boîte de céréales et une révélation. C’est ce qui se passe dans la tête d’un jeune de 12 ans en 1972. Il déjeune avec sa famille, et sa mère sort une boîte de céréales General Mills. Sur le dos, quelque chose attire son œil. Une offre pour obtenir 50 packs cello et des feuilles de 132 cartes non coupées d’un set nommé 1972-73 Topps Basketball. Il n’a jamais vu de carte de basketball de sa vie. Mais l’idée d’avoir des joueurs avec des noms étranges (« Squires », « Colonels », « Sounds ») et de la couleur partout le titille.

Quelques semaines plus tard, le facteur sonne. Le gamin tient enfin entre ses mains des cartes où des athlètes posent sur des fonds orange vif, vert électrique, bleu cobalt. L’une d’elles montre un type avec une afro immense, un maillot vert bizarre, et une expression qui dit : « Je vais changer ce sport pour toujours. »

Il vient de rencontrer Julius Erving. Et il ne le saits pas encore, mais il tient le holy grail des futurs collectionneurs de cartes de basketball.

boite 1972-73 Topps Basketball

Le contexte : l’année des records impossibles

La saison 1971-72 (qui est celle représentée par ce set 1972-1973) est celle où l’impossible devient routine. À Los Angeles, les Lakers de Jerry West, Wilt Chamberlain et Gail Goodrich viennent de réaliser une série de 33 victoires consécutives. Un record du sport professionnel américain qui tient encore aujourd’hui. Du 5 novembre 1971 au 9 janvier 1972, ils ont battu tout ce qui bougeait, avec une moyenne de 17 points d’écart.

« Nous avons juste commencé à massacrer les gens, » se souvient Jerry West. La série s’arrête finalement à Milwaukee, face à Kareem Abdul-Jabbar et Oscar Robertson. Le lendemain, le Los Angeles Times retire son reporter de la couverture des Lakers. « Pourquoi devrions-nous couvrir des perdants ? »

Cette même saison, les Indiana Pacers remportent leur 3ème championnat ABA en 7 matchs contre les Kentucky Colonels, avec un George McGinnis de 22 ans qui domine la série finale. La ABA, avec son ballon tricolore et sa ligne des trois points, est à son apogée avant la fusion imminente avec la NBA.

C’est dans ce contexte de grandeur et de transition que Topps sort son set 1972-73. Et pour une fois, le cardboard arrive à la hauteur de l’action sur les parquets.


Psychédélie et typographie en fusion

Face avant : l’explosion des 70s

Si tu ouvres un pack de 1972-73 aujourd’hui, la première chose qui te frappe, c’est la couleur. Pas de bordures blanches classique ici. Topps a opté pour des fonds vifs et saturés. Orange brûlé pour Pete Maravich, vert émeraude pour certaines équipes, bleu électrique pour d’autres.

Le nom d’équipe apparaît en grosses lettres bulles cartoon le long du bas, avec une particularité typographique unique. Les lettres grandissent de gauche à droite, formant une sorte de triangle dynamique. C’est audacieux, terriblement rétro et surtout immédiatement reconnaissable à l’époque.

Les photos sont un mélange de poses studio (la majorité) et de photos d’action (plus rares mais spectaculaires). Les joueurs semblent flotter sur leurs fonds colorés, créant un effet presque surréaliste qui défie les règles traditionnelles du design sportif.

Verso : l’hommage au Baseball

Le verso vertical présente une combinaison d’orange et de bleu sur fond gris, que rappelera étrangement le set baseball 1978 de Topps. Un cartoon humoristique trône en haut, les statistiques s’empilent en dessous dans une mise en page propre et lisible.

La distribution : 10 cents et la magie General Mills

Les packs standards coûtaient 10 cents et contenaient 10 cartes. 1 cent la carte, de quoi pleurer aujourd’hui. Les boîtes de 24 packs étaient la seule offre retail standard de l’année. Mais Topps avait un as dans sa manche : une promotion avec General Mills qui permettait d’obtenir 50 packs cello et des feuilles de 132 cartes non coupées contre des preuves d’achat et une petite somme.

Cette promotion explique pourquoi certaines cartes des sets 1972-73 et 1973-74 portent le logo « 1970 A.B.A.P.A. » (American Basketball Association Players Association) en bas du verso. Une particularité qui permet aux collectionneurs de distinguer les cartes issues des feuilles General Mills de celles des packs standards.


Les rookies : 3 Hall of Famers, 3 légendes

Le set 1972-73 est une mine d’or de rookies, avec trois futurs Hall of Famers qui ont marqué l’histoire du basketball :

Julius Erving (#195 et #255) : le rookie qui a « inventé » le dunk

La carte la plus précieuse du set, et l’une des plus importantes de l’histoire du basketball sous forme de cartes. Dr. J est photographié avec les Virginia Squires, son afro légendaire bien en place, portant un maillot vert qui semble sorti d’un autre monde.

Cette carte capture Erving avant qu’il ne devienne le sauveur des 76ers, avant le fameux dunk « Rock the Baby » contre les Lakers en 1983. C’est le Dr. J pur ABA, le joueur qui a fait découvrir au grand public que le basketball pouvait être spectaculaire, aérien, artistique.

Les prix reflètent son statut mythique : environ 500 dollars pour une copie non gradée, jusqu’à 3 500 dollars pour un PSA 8 et des sommets bien plus élevés pour les grades supérieurs. Un PSA 10 ? Presque introuvable et priceless.

Artis Gilmore (#180 et #251) : The A-Train

La rookie card du colosse des Kentucky Colonels, 7’2″ de puissance brute. Gilmore domine la ABA dès sa première saison : MVP, Rookie of the Year, leader aux rebonds et aux contres. Sa carte le montre imposant, prêt à régner sur la peinture.

Avec 24 941 points, 16 330 rebonds et 3 178 contres en carrière (ABA + NBA), et une introduction au Hall of Fame en 2011, Gilmore est l’un des pivots les plus sous-estimés de l’histoire. Sa rookie card est abordable (environ 20-50 dollars en excellent état) comparée à celle d’Erving, mais tout aussi essentielle pour comprendre l’époque.

Phil Jackson (#32) : le Zen Master avant l’heure

Avant les 11 titres NBA comme entraîneur, avant l’attaque en triangle et les relations avec les Kardashians, Phil Jackson était un ailier robuste des New York Knicks. Sa rookie card le montre jeune, athlétique, encore inconnu du grand public.

Cette carte est un investissement culturel autant que financier. Posséder la rookie card de l’entraîneur le plus titré de l’histoire de la NBA, c’est posséder un morceau de légende. Prix abordable (environ 25-30 dollars en excellent état) pour une pièce qui ne fera qu’augmenter en valeur symbolique.


Les stars établies : un panthéon de géants

Au-delà des rookies, le set est un Who’s Who du basketball des années 70 :

  • Kareem Abdul-Jabbar (#100) : sa quatrième carte Topps, déjà dominant
  • Wilt Chamberlain (#1) : l’une de ses dernières cartes en tant que joueur actif
  • Pete Maravich (#5) : la carte orange iconique, Pistol Pete à son apogée
  • Jerry West (#75) : Mr. Clutch, leader des Lakers champions
  • Rick Barry (#250) : l’as des Warriors, futur champion 1975
  • Oscar Robertson (#25) : The Big O, légende vivante
  • Walt Frazier (#60) : Clyde avant The Glide, style et substance
  • Bob Lanier (#80)
  • Spencer Haywood (#10)
  • Wes Unseld (#21)
  • Nate Thurmond (#28)
  • Jo Jo White (#45)
  • Earl Monroe (#73)

La saison 1971-72 : Lakers invincibles, Pacers triomphants

NBA : la fin de la série historique

L’année 1972 commence alors que la série de 33 victoires des Lakers vient de s’achever. Mais l’équipe de Los Angeles reste dominante, finissant avec 69 victoires (record NBA à l’époque) et le titre de champion. Wilt Chamberlain, à 35 ans, joue 42,3 minutes par match en moyenne, leader aux rebonds avec 19,2 par match et est nommé MVP des Finales.

Gail Goodrich mène l’équipe en scoring avec 25,9 points par match, tandis que Jerry West domine les passes avec 9,7 par match. Leur victoire en Finales contre les Knicks (4-1) couronne une saison historique.

ABA : le dernier titre des Pacers

Les Indiana Pacers de George McGinnis, Mel Daniels et Roger Brown remportent leur troisième et dernier championnat ABA en battant les Kentucky Colonels en 7 matchs. La série est électrique, avec des moments de bravoure comme le panier gagnant de McGinnis sur une interception à mi-terrain dans le Game 5.

C’est la fin d’une ère : après 1973, les Pacers ne remporteront plus jamais de titre, et la ABA fusionnera avec la NBA en 1976.

Valeur et collection aujourd’hui

Le set 1972-73 Topps Basketball est abordable pour un set vintage de cette qualité :

  • Set complet : Environ 1 000 à 2 600 dollars selon la condition
  • Julius Erving rookie non gradée : ~500 dollars
  • Julius Erving PSA 8 : ~3 500 dollars
  • Artis Gilmore rookie : ~20-50 dollars
  • Phil Jackson rookie : ~25-30 dollars

Les cartes des stars établies (Kareem, Wilt, Maravich) sont accessibles en excellent état pour quelques dizaines de dollars, ce qui fait de ce set une porte d’entrée idéale pour les collectionneurs voulant explorer le vintage basketball sans se ruiner.


Épilogue : le set qui a prédit l’avenir

Presque 50 ans plus tard, le set 1972-73 reste le plus « vintage » de tous les sets vintage. Son design psychédélique, ses couleurs criardes, ses rookies légendaires en maillots ABA oubliés, tout rappelle une époque où le basketball était en pleine mutation.

C’est le set Topps qui a capturé Julius Erving avant qu’il ne devienne Dr. J, Artis Gilmore avant qu’il ne domine deux ligues, Phil Jackson avant qu’il ne devienne le Zen Master. C’est le set qui a immortalisé les Lakers de la série de 33 victoires et les Pacers du dernier titre ABA.

Et c’est le set qui, pour 10 cents dans un pack de céréales General Mills, a permis à des milliers de gamins de découvrir que le basketball pouvait être beau, spectaculaire, et éternel. Même sur des bouts de cartons.


Tu préfères la rookie card d’Erving avec son afro légendaire ? Celle de Gilmore le colosse, ou celle de Jackson le futur champion ? Perso, ma préférée c’est sans doute cette Pete Maravich #5. Parce que parfois, ce n’est pas la valeur qui fait la carte, mais l’âme qu’elle porte.

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Par Arkan

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