Kos : Bon, je vais pas tourner autour du pot. Le jour où le pacte des guildes s’est effondré, j’étais en train de boire un café au Titan’s Keg, avec Pivlic. Encore. Et puis… plus rien. Juste ce con de silence. Pas de cloches, pas de sirènes, pas de Rakdos qui chante faux dans la rue. Rien. Comme si Ravnica retenait son souffle.
Et c’est là que tout a merdé. Vraiment.
Parce que l’extension Magic Discorde, messieurs les juges fantômes, n’est pas un set. C’est un constat d’échec. Le dernier acte d’un système qui se bouffe la queue depuis dix mille ans. On vous vendait la paix ? C’était du vernis sur du pourri. Et sous le vernis, il y avait Momir Vig qui jouait à Dieu avec des grenouilles, Augustin IV qui voulait geler le temps, et Razia qui rêvait d’un paradis sans pécheurs. Bref, le bordel habituel mais en HD.
TRIBUNAL SUPRÊME D’AZORIUS – DOSSIER N°10075-ZC
Objet : Audition post-catastrophe du témoin Agrus Kos (Wojek retraité)
Président : Grand Arbitre Augustin IV (absent, en fuite)
Greffe : Scribe automatique n°42-B (batterie faible)
Acte I : la chute des piliers
Avant l’extension Discorde, on nous disait : « Les guildes sont stables. Le pacte des guildes tient. Tout va bien. » Sauf que non. Parce que dès qu’on a mis les pieds dans les trois nouvelles guildes (Azorius, Simic et Rakdos) on a compris que le pacte était déjà mort. Il ne tenait que par la peur.

Azorius, censé être la justice, est devenu une machine à lois absurdes. « Interdiction de respirer après 18h. » « Obligation de sourire aux agents. » Et leur mécanique ? Forecast. Jouer une carte depuis ta main, chaque tour, sans la perdre. C’est du contrôle pur. Mais surtout, c’est de la procrastination institutionnalisée. Tu gagnes en ne faisant rien. Exactement comme un fonctionnaire qui remplit des formulaires jusqu’à la fin des temps.
Simic, lui, prétend améliorer la nature. En vérité, il la mutile. Graft nous dit que chaque créature arrive avec des marqueurs +1/+1, et peut les transférer à d’autres. C’est beau, hein ? Non. C’est de la greffe forcée. Du transhumanisme de comptoir. Et leurs bestioles ? Des hybrides hideux, moitié poisson, moitié machine, qui te regardent avec des yeux trop humains. J’en ai encore des cauchemars.
Quant aux Rakdos… bordel, les Rakdos. Cette guilde n’a jamais voulu la paix. Elle voulait juste qu’on arrête de l’emmerder pendant qu’elle brûlait tout. Et Hellbent ? Une mécanique géniale : plus tu as la main vide, plus tes sorts deviennent fous. Du pur chaos. C’est jouer à Magic en se tirant une balle dans le pied et adorer ça. Espèce de tordu du ciboulot.
Acte II : les failles du système
Vous savez ce qui a tué le « Guildpact » ? Pas les complots. Pas les trahisons. Non. C’est tout simplement l’ennui.
Après dix mille ans de paix forcée, personne n’en pouvait plus. Même les Selesnya, avec leurs discours sur l’harmonie, commençaient à avoir des envies de meurtre. Alors, quand l’extension Magic Discorde est arrivée, elle n’a pas créé le chaos. Elle l’a libéré.
Regardez les cartes. Grand Arbiter Augustin IV ? Il rend tous les sorts hors-blancs plus chers. Du fascisme fiscal. Momir Vig, Simic Visionary ? Il transforme vos créatures en monstres aléatoires. De la science sans éthique. Lyzolda, the Blood Witch ? Elle se sacrifie pour booster vos démons. C’est du masochisme organisé.
Et puis il y a les split cards. Dix cartes en une. Hit // Run. Trial // Error. Pure // Simple. C’est le symbole parfait de Ravnica en 10075 ZC : plus rien n’est stable. Plus rien n’est clair. Tout est double, ambivalent, prêt à basculer.
Acte III : la fin (et le début)
Le pire, c’est que personne n’a vu venir la fin. Même moi, le vieux flic cynique, je pensais qu’on allait juste changer de règles. Mais non. Le pacte des guildes s’est effondré comme un château de cartes dans un ouragan.
Et devinez quoi ? Personne n’a pleuré.
Parce que Discorde est un chef-d’œuvre de désillusion. Elle ne célèbre pas la paix, elle montre pourquoi la paix imposée est une prison. Elle ne glorifie pas les guildes mais les dissèque, les ridiculise, les pousse à bout.
Même les terrains le savent. Les guildhalls (Ghost Quarter, Rakdos Carnarium, etc.) ne sont plus des sanctuaires. Ce sont des ruines en devenir. Des promesses creuses.
Et pourtant c’est magnifique. Parce que dans ce chaos, naît quelque chose de neuf. La liberté. Le risque. L’imprévu. Sans l’extension, pas de Return to Ravnica. Pas de Jace comme Guildpact vivant. Pas de Bolas, de guerre, de résurrection. Rien.

Conclusion (non officielle)
Oui c’est vrai, cette extension est moche. Les split cards cassent le rythme. Forecast est chiant à gérer. Graft demande trop de calcul. Et Hellbent ? Trop brutal pour les âmes sensibles.
Mais bordel, c’est vivant. C’est sale. C’est vrai.
Ravnica n’a jamais été aussi humaine que le jour où elle a tout fait exploser. Et Discorde est le journal intime de cette explosion.
Alors, messieurs les juges, condamnez-moi si vous voulez. Mais sachez ceci : la vraie trahison, ce n’était pas de briser le pacte des guildes. C’était de le laisser pourrir.
— Signé : Agrus Kos, citoyen libre (pour l’instant)
- Sortie officielle : 5 mai 2006
- Cartes : 180 dont 3 rééditions (60 communes, 60 non communes, 60 rares)
- Code d’extension : DIS
- Répartition : Blanc (21) – Bleu (16) – Noir (21) – Rouge (15) – Vert (21) – Multicouleur (59) – Artefacts (11)
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