GÉNÉRIQUE D’OUVERTURE
Chicago. Juin 1998. Le buzzer retentit. Jordan lève les bras. Le monde retient son souffle. Quelques mois plus tard, dans les rayons des magasins américains, un produit discret glisse sans fanfare : 1998-99 Topps Chrome Basketball. Personne ne le sait encore, mais ce set ne célèbre pas un début. Il immortalise une fin.
SCÈNE 1 : l’année où le temps s’est suspendu
La saison 1998-99 du NBA ne ressemble à aucune autre. Lockout. Grève. Calendrier réduit à 50 matchs. L’incertitude règne. Et dans ce contexte chaotique, Topps lance son Chrome annuel.

Mais attention : ce n’est pas un set comme les autres. C’est un semi-parallèle du set de base 1998-99 Topps Basketball. Mêmes photos. Mêmes joueurs. Mais avec cette finition chromée qui transforme l’ordinaire en précieux. Trois dollars le pack. Distribution retail. Pas de distribution hobby réservée aux initiés. Juste du chrome, du reflet, et l’essentiel.
Ironie du sort : ce set sort alors que Jordan vient de quitter Chicago. Il ne jouera pas cette saison écourtée. On ne le reverra plus sous le maillot des Bulls. Et pourtant, sa présence hante chaque rayon, chaque pack, chaque reflet.
SCÈNE 2 : le casting (entre héritage et relève)
La checklist compte 220 cartes de base effectives, comme l’année précédente. Mais le set va jusqu’au numéro 235, Pourquoi ? Car 10 cartes sont présentes uniquement dans la version classique du set 98-99 Topps basketball. Il n’est donc pas possible de compléter la checklist en achetant uniquement des packs Chrome. Et les 5 dernières (n°75, 89, 90, 97, 99) ? Jamais imprimées tout simplement.
En 1998-99, l’attention se porte sur plusieurs joueurs : ceux qui restent, et ceux qui arrivent.
Tim Duncan (#113) confirme. Sa carte sophomore (2e année dans la ligue) en Chrome est déjà recherchée. Le Big Fundamental n’a pas besoin d’effets spéciaux, son jeu parle pour lui.
Vince Carter (#219) débarque. Sa rookie Chrome capture l’athlétisme pur, le sourire facile, le potentiel infini. Avant les dunks légendaires, avant la légende. Juste un jeune homme en maillot des Raptors, figé dans le métal.
Dirk Nowitzki (#218) et Paul Pierce (#220) complètent le quatuor des futurs Hall of Famers. Deux européens ? Non, un Allemand et un Américain. Deux styles. Deux avenirs. Des cartes qui, aujourd’hui, font battre le cœur des collectionneurs.
Autour d’eux, une cohorte de talents solides : Antawn Jamison, Mike Bibby, Jason Williams. Pas de surproduction. Pas de remplissage. Juste des joueurs qui allaient façonner la décennie suivante.
SCÈNE 3 : le rôle-titre, Jordan et une ultime apparition
Michael Jordan ne figure pas dans le set principal de 1998-99 Topps Chrome. Et c’est là que ça devient fascinant.
Sa dernière carte Chrome en maillot des Bulls ? Elle s’appelle Preview #77. Et elle ne se trouve pas dans les packs Chrome. Elle est insérée dans les packs de la base Topps Basketball. Un choix stratégique ? Une contrainte de production ? Peu importe. Le résultat est là.

La photo : Jordan de dos, numéro 23 bien visible, en suspension vers le panier. Pas de visage. Pas de sourire. Juste un silhouette qui s’élève, comme pour rejoindre les cieux du basket. Un adieu visuel qui en dit plus qu’un millier de mots.
Et bien sûr, il existe une version Refractor. Arc-en-ciel sous lumière vive. Mention « Refractor » au verso, sous le numéro. Rareté accrue et désir décuplé.
Détail de puriste : pour posséder cette carte, il ne suffit pas d’acheter du Chrome. Il faut ouvrir de la base Topps. Une chasse dans la chasse. Une complexité qui renforce l’attrait.
SCÈNE 4 : les seconds rôles (inserts sans parallèles)
Si le set Chrome 97-98 était plutôt léger en nombre d’inserts ou de subsets différents (il n’y en avait que 3 types), ici on vise plus large avec 6 types (dont 4 ont des déclinaisons en refractor).
- Back 2 Back #B (7 cartes / 1 pack sur 12) : pour les joueurs qui ont remporté des distinctions majeures deux années consécutives. Jordan, évidemment. Le verso lit comme un palmarès de boss final : MVP, Finals MVP, titres, records. Une carte-statistique, élégante dans sa simplicité. Pas de version Refractor.
- Champion Spirit #CS (7 cartes / 1 pack sur 12) : pour les champions. Jordan possède six bagues NBA, un titre NCAA, deux médailles d’or olympiques. La carte célèbre cette dimension victorieuse, presque mythologique. Même fréquence. Même absence de parallèle. Pas de version Refractor.
- Season’s Best #SB (29 cartes / 1 pack sur 6) : un type d’inserts classique pour la gamme Chrome. Pas de carte n°6. Une SB Refractor dans 1 pack sur 24.
- Apparitions #A (14 cartes / 1 pack sur 24). La série Refractor compte 15 cartes, avec une carte Jordan supplémentaire possible (une Apparition refractor dans 1 pack sur 1 015 !!).
- Coast to Coast #CC (15 cartes, 1 pack sur 24). L’effet brillant de la carte semble « spectral ». Version Refractor dans 1 pack sur 96.
- Instant Impact #I (10 cartes, 1 pack sur 36). Version Refractor dans 1 pack sur 144.

Les 15 dernières cartes (#221 à #235) forment le subset « Movin On » (MO). Il s’agit de joueurs ayant changé d’équipe entre leur carte du set et le moment de l’impression du set Chrome. On y retrouve des joueurs comme Scottie Pippen, Marbury, Webber, Sprewell, Rodman, Oakley, etc.
SCÈNE 5 : les effets spéciaux (le reflet comme langage)
Les Refractors de 1998-99 sont des signatures optiques. Un pack sur douze en contient une. Sur une checklist de 220 cartes, tomber sur celle que vous cherchez c’est plus probable que de trouver une aiguille dans une botte de foin.
Mais attention : le Chrome de cette époque est encore une fois capricieux. Entre centrage approximatif, bords inégaux et surface miroir qui marque au moindre contact. Trouver un exemplaire « gem mint » relève de l’exploit statistique. C’est pourquoi les cartes gradées PSA 10 ou BGS 9.5 commandent des primes exponentielles.
Conseil pratique : si vous achetez en « raw » (non gradé), exigez des photos sous lumière rasante. Un reflet terne peut cacher une rayure. Un centrage déséquilibré peut faire chuter la note finale de deux niveaux.
SCÈNE 6 : la critique
Presque trente ans plus tard, que vaut ce set ?
| Carte | Prix (PSA 9) | Infos |
|---|---|---|
| Tim Duncan #113 Base | 40-80$ | Une entrée accessible dans le Chrome vintage. |
| Vince Carter #219 Base | 60-120$ | La rookie d’un légende du dunk, encore sous-évaluée. |
| Dirk Nowitzki #218 Base | 100-200$ | L’euro-star qui a changé le jeu, encapsulée dans le chrome. |
| Jordan Preview #77 Base | 300-600$ | La dernière Chrome du GOAT en maillot des Bulls. |
| Jordan Preview #77 Refractor | 2000-4000$ | L’arc-en-ciel ultime, rare et chargé d’histoire. |
Le marché du vintage NBA premium a explosé depuis 10-15 ans. Les cartes qui incarnent une époque, un design, une génération de joueurs sont recherchées par ceux qui ont grandi avec, et par les nouveaux venus qui découvrent leur potentiel.

Pour acquérir des pièces de ce set aujourd’hui : privilégiez les exemplaires déjà gradés, exigez des photos sous différents angles, et méfiez-vous des descriptions trop optimistes. Mais il y a une autre façon de collectionner : ouvrir un pack scellé, si vous en trouvez encore. Laisser le hasard décider. Ressentir ce frisson quand le reflet apparaît.
Générique de fin
Une particularité qui n’est pas toujours mise en avant est qu’il existe 10 cartes Chrome supplémentaire. En plus des 220 du set donc, mais qui ne sont jamais sorties dans le set Chrome. 10 cartes « inédites » qui n’étaient disponible QUE dans le série classique de l’année (1998-99 Topps Basketball) ou elles apparaissaient comme une sorte d’inserts. Vous pensiez avoir le set Chrome 98-99 complet ? Pas forcément.
1998-99 Topps Chrome Basketball n’est pas un set comme les autres. Il ne célèbre pas un début, il immortalise une fin. Il ne promet pas l’avenir, il préserve un instant. Celui où Jordan a quitté Chicago. Celui où une génération de collectionneurs a compris que certaines cartes ne sont pas juste des objets. Ce sont des témoins.



