1977-78 Topps Basketball : le retour à la normale qui manque de souffle

Mise à jour : 31 mars 2026 - 9 minutes de lecture
1977 78 Topps basketball

Quand Topps redevient « standard » mais oublie l’action.

Souviens-toi du set Topps basketball 1976-77. Topps nous avait sorti des cartes postales géantes de 5¼ pouces, des monstres qui ne rentraient dans aucune pochette standard et qui défiaient la gravité (et les albums de collection). C’était l’excès, le bicentenaire américain, la fusion NBA/ABA. Et puis vint 1977-78, et avec lui, le retour à la raison ou plutôt, le retour à la normale.

Topps décide à l’époque de réduire drastiquement le format pour revenir aux dimensions standard de 2½ x 3½ pouces. Fini les cartes postales, bonjour les cartes … normales (concept de ouf!). Mais ce n’est pas tout : le set est passé de 330 cartes en 1975-76 à seulement 132 cartes. C’est le set Topps le plus maigre des années 70, avec en moyenne seulement six joueurs par équipe. Une diète sévère après les excès des saisons précédentes.

Le résultat ? Un set solide et généralement bien considéré mais qui peine à atteindre le statut de classique. Pourquoi ? Parce qu’entre la qualité photographique perfectible et les choix de poses discutables, cette collection 1977-78 Topps Basketball sent parfois la fabrication à la chaîne.

Design : l’effet « Baseball 1977 »

Visuellement, le set 1977-78 emprunte largement au design du set baseball 1977 très populaire. On retrouve les mêmes bordures blanches épurées, le même style typographique pour les noms d’équipes en grosses lettres. Mais là où le baseball plaçait les informations en haut, le basketball les descend en bas, une inversion curieuse qui donne aux cartes un air sérieux, presque bureaucratique.

Le verso des cartes est imprimé en vert et noir, mais avec une particularité qui agace encore les collectionneurs aujourd’hui : deux types existent. Les backs blancs sont nets et lisibles, tandis que les backs gris sont plus sombres et difficiles à déchiffrer. Une variation non corrigeée qui crée deux marchés distincts pour la même carte.


La faillite des photos : Topps se pose (trop)

Si le design frontal est clean, c’est la qualité photographique qui trahit le set. Où sont les actions spectaculaires ? Largement absentes. Topps a privilégié les photos posées, prises dans des couloirs d’arènes avec des murs peints en arrière-plan. Le résultat est parfois grotesque :

  • Julius Erving et Dave Cowens, deux des plus grandes stars de l’époque, sont photographiés assis sur le banc. Erving a même l’air de boire sa tasse de café, avant que Topps ne se rattrape en 1978-79 avec une photo de tir en suspension.
  • Elvin Hayes et Bobby Jones souffrent d’un fond verdâtre étrange, probablement dû à des problèmes d’exposition ou d’éclairage.
  • Artis Gilmore est noyé dans un fond rouge vif qui écrase la photo.
  • Austin Carr pose les mains sur les hanches comme s’il attendait le bus, Kareem Abdul-Jabbar est coupé au niveau de la poitrine, et John Havlicek est partiellement masqué par un autre joueur.

Pourtant, quelques cartes sauvent l’honneur. Bob McAdoo en action vers le panier, Bill Walton en défense, ou Randy Smith préparant un lancer franc. Mais même ces « meilleures cartes » souffrent d’un manque de netteté général. Comparé au set 1974-75 aux photos criantes de réalisme, ou aux sets 1970-71 et 1971-72 aux couleurs explosives, le 1977-78 fait figure de parent pauvre.


Les rookies : 3 Hall of Famers, une seule vraie star

Malgré sa maigreur, le set propose trois rookie cards de Hall of Famers :

Robert Parish (#111) – Le trésor du set

La carte la plus précieuse et la plus recherchée. Le « Chief » est photographié avec les Golden State Warriors, sa première équipe, avant qu’il ne devienne la légende des Celtics aux côtés de Larry Bird et Kevin McHale. Cette carte capture Parish au début de sa carrière de 21 saisons, avant les 4 titres NBA et les 26 395 points.

Les prix reflètent son statut : environ 600-800 dollars en PSA 9, et des sommets bien plus élevés pour les specimens parfaits. Avec seulement 10 exemplaires PSA 10 recensés contre 200 PSA 9, c’est une carte rare en Gem Mint.

carte Robert Parish

Adrian Dantley (#56) – Rookie de l’année

Dantley avait remporté le titre de Rookie of the Year 1976-77 avec les Buffalo Braves (1 564 points, 587 rebonds). Sa carte le montre dans l’uniforme des Braves, avant ses périodes chez les Jazz et les Pistons. Moins chère que Parish, elle reste abordable pour les collectionneurs.

Darryl Dawkins (#132) – « Chocolate Thunder »

La dernière carte du set (#132) est consacrée au géant des 76ers. Dawkins, qui deviendra célèbre pour avoir cassé des paniers avec ses dunks monstres longtemps avant Shaquille O’Neal (il a nommé ses dunks « In-Your-Face Disgrace » et « Turbo Sexophonic Delight »), est ici encore un jeune espoir. Sa carte, ainsi que celle de Moses Malone dans ce set, montre des photos d’action rares et appréciées.


La dernière danse de John Havlicek

Le set 1977-78 contient aussi la dernière carte régulière Topps de John Havlicek (#70). « Hondo » terminait sa carrière légendaire de 16 saisons avec les Celtics, après 8 titres NBA, 13 All-Star Games et 26 395 points.

Sa carte le montre partiellement masqué par un joueur des Bullets, un symbole malheureux de la fin d’une époque. Havlicek, qui avait volé le ballon des 76ers en 1965 sur le « Havlicek stole the ball! » légendaire, disparaissait du cardboard pour ne revenir que dans les sets rétros et autographes modernes.


Les omissions cruelles

Avec seulement 132 cartes, beaucoup de joueurs furent laissés sur le carreau de cette édition 1977-78 Topps Basketball :

  • George Johnson des New Jersey Nets, qui pourtant allait mener la NBA aux contres cette saison-là
  • Quinn Buckner et Dennis Johnson, rookies prometteurs ignorés par Topps qui ne « faisait pas de rookies » à cette époque

Cette politique restrictive priva le set de futurs Hall of Famers et de stars émergentes.


Les cartoons : le seul moment de légèreté

Si les photos manquent de peps, les verso des cartes compensent avec des cartoons humoristiques dans le coin supérieur gauche :

  • Tom Boswell est un « joueur de billard habile »
  • Scott Wedman « aime faire pousser des plantes »
  • Ken Charles et Brian Taylor veulent tous deux aller à la faculté de droit
  • Marvin Webster est surnommé « The Human Eraser » avec un dessin d’une gomme dribblant
  • George McGinnis est partiellement propriétaire d’un magasin d’électroménager (illustré par deux ballons surgissant d’un grille-pain)
  • Gail Goodrich surnommé « Stumpy » est dessiné assis sur une souche (stump en anglais = souche en français)

Les descriptions textuelles, elles, sont « quasi factuelles ». Ron Boone mérite une mention spéciale : « Le 3ème meilleur marqueur de l’histoire de l’ABA, Ron n’a jamais manqué un match pro, ayant joué 744 matchs consécutifs en carrière ». Une statistique de fer à repasser qui en dit long sur la durabilité de l’époque (le rêve des joueurs actuel en verre comme Anthony Davis, Zion Williamson & co).


Contexte historique : l’année Walton

La saison 1977-78 reste marquée par la domination des Portland Trail Blazers, champions en titre après leur victoire surprise sur les 76ers la saison précédente. Bill Walton remportait le MVP avec des moyennes de 18,9 points, 13,2 rebonds, 5,0 passes et 2,5 contres.

Mais le drame frappe le 28 février 1978 : Walton se tord la cheville contre les 76ers (encore), puis souffre de dommages nerveux au pied droit. Les Blazers, qui affichaient un record de 50-10, termine la régulière à 58-24 et perdront en demi-finales de conférence contre Seattle. C’était la fin d’une ère : Walton ne jouera plus jamais pour Portland, passant sa saison 1978-79 sur le banc avant de rejoindre les Clippers.

Cette saison vit aussi la dernière campagne de Havlicek, tandis que les quatre équipes ABA survivantes (Nets, Pacers, Spurs, Nuggets) entamaient leur deuxième saison NBA.


Valeur et collection aujourd’hui

Le set 1977-78 est étonnamment abordable comparé à ses voisins des années 70 :

  • Set complet : 50 à 100 dollars en excellent état
  • Cartes communes : quelques dollars
  • Stars : 10 à 20 dollars

Les problèmes de centrage sont fréquents, mais les cartes bien centrées sont assez communes pour permettre d’être exigeant.

Prix des rookies clés

JoueurCartePrix PSA 8 (est.)Prix PSA 9 (est.)
Robert Parish#111150-200$600-800$
Adrian Dantley#5650-80$300$+
Darryl Dawkins#13220-30$100$+

Verdict : un set 1977-78 Topps Basketball de transition

Le 1977-78 Topps Basketball est le premier d’une trilogie de sets maigres (avec 1978-79 et 1979-80), tous trois limités à 132 cartes. C’est aussi le chaînon manquant entre l’ère des cartes géantes et l’ère des cartes modernes.

boite Topps 1977-1978 nba

On peut le comparer au set baseball 1974 ou celui de la NFL 1972. Un effort solide qui échoue à devenir un classique à cause de défauts de production. Ce n’est pas le set le plus coloré, ni celui avec les meilleures photos, mais il contient trop de stars pour être ignoré.

Pour le collectionneur moderne, c’est une porte d’entrée abordable vers les cartes vintage NBA des années 70. Surtout si tu es fan de Boston. Tu y trouveras le rookie d’un membre du « Big Three » des Celtics (Parish), la dernière carte d’une légende (Havlicek), mais aussi le témoignage d’une saison où Bill Walton dominait le monde avant que son pied ne trahisse son génie et se prenne dans le tapis.

Et puis, avoue-le : il y a un charme particulier à voir Julius Erving boire sa tasse de café sur le banc. Comme s’il savait déjà que la saison suivante, il serait MVP du All-Star Game et que personne ne se souviendrait de cette photo posée. C’est ça, la magie des cartes vintage, même les ratés captent un moment, figé dans le carton pour l’éternité.


Et toi, tu préfères le format géant 1976-77 ou ce retour à la normale ? Personnellement, je trouve que 132 cartes, c’est trop peu pour une saison mais tout de même assez pour rêver.

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Par Arkan

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