Thronebreaker : The Witcher Tales, le RPG qui se joue avec des cartes

Mise à jour : 27 mars 2026 - 6 minutes de lecture
thronebreaker the witcher tales

CD Projekt Red a fait quelque chose d’insensé. Ils ont pris Gwent, ce mini-jeu de cartes dont tout le monde se foutait dans The Witcher 3, et en ont fait un RPG de 40 heures avec une histoire aussi sombre que le continent, des choix moraux qui vous hantent, et une reine badass qui ferait passer Geralt pour un amateur. Bienvenue dans Thronebreaker : The Witcher Tales, la guerre de Nilfgaard version cartes.

La reine Meve : le pouvoir devient fardeau

On ne joue pas un sorceleur neutre cette fois. On incarne Meve, reine de Lyria et Rivia, de retour chez elle après une réunion diplomatique pour découvrir son royaume en flammes. Trahison, invasion nilfgaardienne, et une Deuxième Guerre du Nord qui ne fera pas de quartiers. Meve n’est pas une héroïne de conte de fées. Elle est plus âgée, balafrée, vêtue d’armures fonctionnelles plutôt que de bikinis fantasmagoriques et sa détermination est aussi impressionnante que ses erreurs.

L’écriture atteint des sommets. Chaque dialogue résonne avec la gravité de la guerre. Ses compagnons (Gascon le bandit insolent, Isbel la sorcière pacifiste fanatique, Eyck le tueur de monstres) ne sont pas de simples figurants. Ils réagissent à vos choix, peuvent vous quitter si vous trahissez leurs valeurs, et leurs cartes associées disparaissent de votre deck. Perdez Sir Eyck parce que vous avez choisi l’or plutôt que l’honneur ? Adieu sa carte qui vous permettait de contourner les combats contre monstres.

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Gwent transformé : du mini-jeu au système de combat principal

Le Gwent de The Witcher 3 était simple : deux rangées, trois manches, le meilleur score gagne. Thronebreaker garde l’ossature mais injecte une complexité chirurgicale. Les batailles ne durent généralement qu’une manche au lieu de trois, accélérant le rythme. Les cartes ont des capacités actives et passives qui interagissent en chaîne. Les espions ne sont plus les terrifiants game-breakers du mini-jeu original.

Mais le génie réside dans la variété des rencontres. Affronter un griffon demande de lui sectionner les membres un par un, représentés comme des cartes distinctes sur le plateau. Combattre des voleurs voit l’un d’eux envahir votre côté du board. Certaines batailles imposent de détruire une porte fortifiée avant d’atteindre les unités derrière. Ce ne sont jamais des duels standards, ce sont des puzzles narratifs résolus avec des cartes.

Les puzzles : Gwent devient escape room

Thronebreaker brille particulièrement dans ses combats-puzzles optionnels. On vous donne une main prédéterminée et un objectif précis : déplacer une unité d’un côté à l’autre du board, détruire toutes les unités ennemies en un tour limité, manipuler les valeurs de puissance pour créer une réaction en chaîne. Ces énigmes peuvent prendre une heure à résoudre, mais l’eureka moment est dévastateur de satisfaction.

Un exemple récurrent : une carte peut tuer instantanément l’unité avec la plus haute puissance. Vous devez donc élever plusieurs unités ennemies à cette puissance maximale simultanément pour les éliminer toutes d’un coup. C’est de la logique de Rube Goldberg appliquée au système de cartes, et ça enseigne des compétences transférables au multijoueur de Gwent.

L’exploration : le point faible du tableau

Entre les batailles, vous explorez des cartes isométriques à la Heroes of Might & Magic. C’est là que Thronebreaker trébuche. Meve se déplace lentement, les environnements manquent de repères visuels distinctifs, et les récompenses d’exploration (or, bois, recrues) sont répétitives.

Le camp mobile, votre hub entre les missions, permet d’améliorer des bâtiments pour débloquer de nouvelles cartes. Mais cette couche de gestion de ressources, bien que fonctionnelle, manque de profondeur stratégique. On accumule tellement de ressources en fin de partie que les choix d’investissement deviennent dénués de tension.

Pas de bonnes réponses, juste des conséquences

Thronebreaker hérite de la tradition Witcher des dilemmes moraux sans solution parfaite. Libérer une ville de l’occupation nilfgaardienne semble héroïque, mais si vous ne pouvez pas y laisser de garnison pour la protéger, les habitants craindront la représaille. Sauver un elfe innocent d’un lynchage peut se retourner contre vous quand il empoisonne vos hommes en remerciement.

Ces décisions affectent le moral de vos troupes, qui influence leurs performances en combat. Elles déterminent quels alliés restent à vos côtés, quelles cartes restent dans votre deck, et quelle fin vous obtiendrez. La relecture est non seulement encouragée mais récompensée : les ramifications des choix s’étendent sur l’ensemble des 30-40 heures de campagne.

Les produits : une disponibilité omniprésente

PlateformePrixNotes
PC (Steam/GOG)19,99 $Version de référence, graphismes optimaux
Nintendo Switch19,99 $Port portable excellent, 720p/1080p, 30fps stable
PS4/Xbox One19,99 $Sortie janvier 2020, performance solide
iOS/Android9,99 $Sortie juillet 2020, tactile, sauvegarde cloud

Le jeu est régulièrement en promotion à moins de 10 € sur PC, ce qui en fait l’un des meilleurs rapports qualité-prix du catalogue Witcher. Pas de DLC, pas de microtransactions, juste une expérience complète livrée d’un bloc. CD Projekt a même inclus une option pour sauter les combats en difficulté facile, transformant Thronebreaker en pur visual novel pour ceux qui veulent juste l’histoire.

Un spin-off qui dépasse l’original

Thronebreaker est l’antithèse des produits dérivés cyniques. C’est un jeu de cartes qui transcende son genre grâce à une narration de premier ordre, un protagoniste mémorable, et des mécaniques constamment renouvelées. Que vous soyez fan de Gwent ou simplement amateur de bons RPG, il mérite votre attention.

Ses défauts (l’exploration terne, la facilité croissante des combats standards) sont largement compensés par ses qualités. L’écriture impeccable, les puzzles ingénieux et cette reine Meve qui porte l’ensemble sur ses épaules armoriées. Dans un univers où Geralt a volé la vedette pendant des années, elle prouve que les histoires de pouvoir, de responsabilité et de sacrifice peuvent être tout aussi captivantes que les combats de monstres.

Thronebreaker : The Witcher Tales est ce produit rare : un spin-off qui ne se contente pas de capitaliser sur une licence, mais qui l’enrichit véritablement. CD Projekt Red a démontré que Gwent n’était pas qu’un mini-jeu distrayant, mais un système capable de soutenir une épopée épique de 40 heures. Et surtout, ils nous ont donné Meve, cette reine qui refuse de plier, qui fait des choix impossibles, qui incarne la complexité morale que le continent tout entier exige. Si vous avez ignoré ce titre parce que « c’est juste un jeu de cartes », vous avez manqué l’un des meilleurs RPG narratifs de ces dernières années. Corrigez cette erreur. La reine de Lyria vous attend.

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Par Arkan

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