Cryptozoic sort l’artillerie lourde. Après 9 ans d’absence, le deck-building culte inspiré de l’œuvre d’Hajime Isayama renaît de ses cendres. Et cette fois, le studio californien ne plaisante pas pour faire exploser son Attack on Titan Deck-Building Game.
En 2016, Cryptozoic Entertainment avait déjà tenté l’expérience. Le résultat ? Un deck-building solide, certes, mais qui vieillissait mal face à la concurrence débridée du genre. Cette nouvelle mouture, baptisée Season 1 avec une franchise qui ne trompe pas, exploite toujours le moteur Cerebus, cette mécanique signature où le déplacement des héros sur le plateau n’est pas qu’accessoire : il structure l’ensemble de la stratégie .
La différence avec la version 2026 ? Tout. Ou presque.
Ce qui change sous le capot
Le prix d’abord : 54,99 $ (environ 47-48 €), ce qui place le jeu dans la fourchette haute des deck-buildings familiaux. Mais Cryptozoic justifie cette posture par une refonte complète des composants et probablement une qualité de production revue à la hausse. Les visuels sous licence Kodansha n’ont pas été choisis au hasard.

La temporalité ensuite : une fenêtre de sortie fixée à avril 2026, avec des précommandes déjà ouvertes chez les distributeurs habituels. Le message est limpide, ce n’est pas une réimpression, c’est une reconstruction.
Le cœur du gameplay : mourir dans les murs ou mourir dehors
On incarne Eren, Mikasa, Armin et le reste du bataillon d’exploration. Objectif ? Recruter des alliés, amasser équipements et manœuvres, puis défendre les trois murs contre l’assaut incessant des Titans. Le twist du Cerebus Engine réside dans cette spatialisation du deck-building. Vos cartes ne servent pas uniquement à générer des ressources, elles positionnent vos personnages sur le champ de bataille. Un Titan à l’extérieur ? Vous devez y aller. Une brèche imminente sur le mur Maria ? Retour express ou extinction programmée.
La partie dure 60 minutes. Elle se joue de 1 à 4 joueurs. L’âge recommandé (15+) reflète fidèlement la violence thématique de l’IP. Pas de lissage Disney ici, on reste dans l’ambiance crade et désespérée du manga.
Pourquoi « Season 1 » est un nom de code
Cryptozoic ne choisit pas ses mots à la légère. Le suffixe « Season 1 » laisse entendre (sans jamais le promettre explicitement) que d’autres saisons pourraient suivre. L’arc narratif de l’Attaque des Titans s’y prête évidemment : de la chute de la ville de Shiganshina jusqu’aux révélations basement, le matériau source offre des décennies de contenu potentiel. Si cette édition fonctionne commercialement, ne soyez pas surpris de voir émerger des boîtes « Season 2 » et au-delà.
C’est une stratégie de déploiement qui rappelle celle des LCG (Living Card Games) de Fantasy Flight Games, mais appliquée au deck-building. Risqué. Intelligent. Potentiellement lucratif.

Le verre à moitié vide ou à moitié plein ?
Les puristes de 2016 grinceront des dents. Pourquoi racheter ce qu’on possède déjà ? La réponse tient dans les détails que nous n’avons pas encore forcément. Nouvelles cartes ? Nouveaux mécanismes ? Équilibrage revisité ? Cryptozoic garde le silence sur ces aspects, ce qui alimente autant l’attente que la méfiance.
Ce qui est sûr : le jeu sort en avril 2026. Les précommandes sont ouvertes. Et le studio a suffisamment confiance dans son produit pour annoncer une date ferme. Assez rare dans l’industrie actuelle pour être souligné.
Dans un marché saturé de deck-buildings qui se ressemblent tous, Cryptozoic parie sur l’IP la plus intense du manga contemporain pour se démarquer. Que cette nouvelle édition parvienne à capturer l’horreur claustrophobique et l’adrénaline verticale de l’original ? Là, seule une session à 4 joueurs, bière et tension maximale, pourra le déterminer. Shinzou wo sasageyo, et que les dés soient avec vos decks.
Fan de la licence ? Découvrez le set Universus L’Attaque des Titans.



